Contributions


Meeting du 6 juin 2017

Le programme

 

Prise de parole Delphine DE LUCA : "La culture"

 

Prise de parole Guy REBEC : "L'éducation" 

 

Prise de parole Nicolas PLAZANET :

" Propositions phares pour la circonscription, pour la France »  

 

Prise de parole Agnès BESSET, supplante de Guy REBEC 

 

Prise de parole Philippe CHESNEAU :

"L’économie au service du bonheur humain, oui, c’est possible ! " 

 

Prise de parole Hervé THEBAULT : "Le littoral méditerranéen" 

 

Prise de parole Jean-Pierre LUQUAND  

 

 

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Débat avec la salle 20 minutes



Texte d'Hervé THEBAULT

Texte de Delphine DE LUCA


 

Le Littoral Méditerranéen : quels enjeux ? Quelles pressions ? Quel développement ?

Par Hervé THEBAULT 

La Méditerranée est une mer ancienne, plutôt fermée, au patrimoine de biodiversité considérable (12000 espèces recensées soit près de 10% des espèces marines connues pour moins de 1% de la surface des océans) mais peu productive (pas d’apports en nutriments de grands fleuves) donc particulièrement fragile. 

Quelles sont principales menaces qui pèsent sur ce patrimoine commun inestimable  : 

  • La consommation et l’artificialisation du littoral et des petits fonds côtiers : construction de ports, digues, quais, remblais, brise-lames, plages artificielles représentent 10% des fonds entre 0 et 10 m en région PACA et 20% du linéaire littoral. Ors cette destruction des habitats côtiers et littoraux menace des fonctions essentielles des écosystèmes (zones de reproduction et de nurserie) et les réservoirs de biodiversité. Cette pression a considérablement augmentée depuis les années 60 et continue encore malgré la loi «  littoral » (30 ans). 

  • Avec l’urbanisation de la côte (3 millions de résidents, plus 3 millions de touristes chaque année et 2 millions de m2 de logements construits par an dans les communes littorales1), l’autre pression principale réside dans les apports polluants au milieu : 

  • Les rejets urbains domestiques (les égouts) avec des flux de matières organiques très néfastes pour le milieu et la qualité des eaux : à Toulon la station d’épuration du Cap Sicié à juste 20 ans et c’est la dernière ville a s’en être dotée. Ses stations épurent 80 à 90% des flux mais les 10 à 20% restent problématiques. Elles sont sujettes à des disfonctionnement et conditionnent la bonne qualité des baignades. En revanche, depuis la mise en place de l’épuration, la récupération des milieux perturbés est effective. Avec l’augmentation de la population, c’est une course permanente de communes pour mettre à niveau les équipements et améliorer leur efficacité.

  • Les flux de polluants chimiques d’origine multiple : rejets industriels (boues rouges) réseaux pluviaux, ruissellement, petits fleuves côtiers (Las, Eygoutier), atmosphériques, circulation maritime, ports, etc… qui amènent des métaux lourds, des pesticides, PCB, hydrocarbures mais aussi résidus médicamenteux, perturbateurs endocriniens, etc… (1/2 comprimé de paracétamol par m3 d’eau de mer à Cortiou). Ces polluants se concentrent dans les chaînes alimentaires (restriction de consommation des poissons pour le mercure)

  • Les déchets solides : des centaines de tonnes de déchets sont déversés par diverses sources chaque année, dont une grande proportion de plastiques : outre la pollution visuelle, ces plastiques se dégradent en microparticules qui interférent avec le plancton et libérent des substances toxiques (phtalates, bisphénols). 

- Autre pression majeure : la surpêche (thon rouge, sardine, anchois, merlu, sole): depuis les années 60, la pêche industrielle dont le chalutage intensif a entraîné un effondrement des stocks qui malgré les mesures de gestion ont beaucoup de mal à se reconstituer. Les professionnels rejettent la responsabilité sur les plaisanciers-pêcheurs trop nombreux et « la pollution ». 

Quels outils pour protéger la mer et restaurer la biodiversité : 

- Arrêter l’artificialisation du littoral : malgré une pression forte de construction de ports, digues, épis, enrochements, etc.. il est indispensable d’arrêter l’artificialisation des petits côtiers qui sont des lieux privilégiés de reproduction et de nurserie pour des nombreuses espèces. Les SMVM2 ont manqué d’efficacité à ce sujet, espérons que les SCOT littoraux3 feront mieux ! 

- Réduire les rejets polluants en mer : des nombreux « points noirs » de rejets polluants (domestiques ou industriels) ont été traités mais il en reste (boues rouges de Cassis, pétrochimie de Lavera, etc..) et il faut maintenant réduire les apports toxiques des fleuves ainsi que la pollution diffuse par ruissellement, en particulier en provenance des terres agricoles. 

- Nettoyer les plages et les cours d’eau : les déchets plastiques doivent être enlevés par tous les moyens disponibles. Dans le même temps, le volume des déchets d’emballage en particulier doivent être réduits et ceux-ci mieux collecté et traités : plus aucun plastiques ne doit atterrir dans le milieu naturel. 

  • La protection des espèces les plus menacées : les posidonies, le mérou, la grande nacre, le corail rouge, la grande cigale, le phoque moine, les cétacés: interdiction de pêche, de destruction, de commerce, de dérangement. C’est important pour les espèces les plus emblématiques : la population de mérou par exemple, qui a failli disparaitre a été multipliée par 10 en 20 ans d’interdiction de pêche et la reproduction est assurée ! 

  • Les parcs marins et les aires marines protégées : le parc de Port-Cros, le Parc de la Côte Bleue, les réserves de Scandola et de Bonifacio : et ça marche ! Avec souvent moins d’une centaine d’hectares (si c’est plus grand, c’est mieux), au bout de quelques années, on trouve dans une zone préservée de toute pêche et de dérangement : plus d’espèces, plus d’individus et des individus plus gros que dans une zone équivalente non protégée. De plus, pour les espèces territoriales, on observe une exportation vers les zones adjacentes, confirmée par les pêcheurs ! Près de nous, il faut faudrait créer une aire marine protégée vers les Deux Frères, une autre entre Bandol et St Cyr, etc.. où seules les activités non destructrices ou non perturbantes sont autorisées. 

  • Autre outil : le contrat de Baie qui réunit tous les acteurs autour d’une zone marine et son bassin versant (collectivités, Etat, industriels, etc..). Une liste d’actions est financée et mise en œuvre sous une forme contractuelle par période de 5 ans. A Toulon, le 2ème est en cours et à Hyères, le 1er vient de démarrer. 

1 http://www.dirm.mediterranee.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/les_donnees_cles_de_la_mer_et_du_littoral_onml.pdf 

2 http://www.cohesion-territoires.gouv.fr/IMG/pdf/urba_info_juillet_aout_2017_littoral_version_internet.pdf 

3 http://www.environnement-magazine.fr/archives-em/article/2015/12/29/45161/scot-outil-privilegie-pour-protection-littoral.php 


 La Culture, une chance à saisir ?

Par Maxime et Delphine DE LUCA 

 

Pour commencer, faut-il le rappeler ? Mis à part quelques sceptiques de plus en plus isolés, il est maintenant admis par tous les scientifiques, par tous les lanceurs d'alerte, mais aussi par l'ensemble des populations, que l'urgence des urgences, c'est la question climatique et environnementale ; avec ses risques pour notre planète et donc pour la survie de l'humanité.

 

Thomas Pesquet, lui-même, qui est resté plus de six mois dans l'espace autour de la Terre, en est revenu avec cette prise de conscience et je le cite : 

 

« De voir la planète, de voir sa fragilité, de prendre du recul, cela permet d'apprécier cette fragilité-là. On n'a pas conscience à quel point l'atmosphère est mince, à quel point on est capable d'abîmer la planète, à quel point il faut la protéger. »

  

Tous les signaux sont au rouge : fonte des glaciers et des pôles, gaz à effet de serre qui réchauffent dangereusement le climat – les prévisions les plus pessimistes seront probablement atteintes plus rapidement que prévu – avec tout ce que cela va engendrer : déplacements des populations, disparition des espèces, acidification et montées des océans, problèmes pour l'agriculture et l'élevage… 

 

Nous devons ainsi tout mettre en œuvre pour engager tout de suite la transition écologique, qui passe par la transition écologique et la transition solidaire. C'est-à-dire sortir de l'exploitation des énergies fossiles, investir dans les énergies renouvelables et créer des ponts entre les nations pour sortir de la compétition et aller vers la coopération.

 

Pour répondre à toute ces urgences, nous avons un programme complet que vous pouvez retrouvez sur nos supports de campagne ….   

Pour ma part, aujourd’hui je vous propose d'axer mon discours de ce soir sur un sujet trop souvent oublié : la culture. 

 

Mais tout d’abord, qu’est-ce que la culture ? Je vais commencer avec deux définitions originales :

 

La première : « La culture est ce qui reste quand on a tout oublié » - Edouard Herriot, homme politique et écrivain français dans « Notes et Maximes » et qui a présidé la Chambre des Députés sous la 3ème République. 

 

Et la seconde « La culture c'est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale ». - Françoise SAGAN Femme de Lettres, auteur de « Bonjour Tristesse ». 

 

Mais plus sérieusement, jetons un œil sur le dictionnaire. La première définition donnée par le dictionnaire pour le mot culture est : « L’action de cultiver une terre, une plante ». Nous lisons aussi un peu plus loin :

 

« Ensemble des coutumes, des manifestations religieuses, artistiques, intellectuelles qui caractérisent un groupe, une société ; une civilisation. »

 

Mais aussi : «  Développement de l'humanité de l'homme par le savoir » .

 

Enfin, l'étymologie du mot est la suivante : le mot culture vient du mot latin cultura qui signifie : HABITER- CULTIVER- HONORER. 

 

Le terme latin cultura définit l'action de cultiver la terre au sens premier puis celle de cultiver l'âme au sens figuré. Il est donc remarquable d'observer que ce mot est utilisé à la fois pour le travail de la terre et pour le développement de l'humanité. 

 

La culture est donc quelque chose qui est profondément lié à l’humain, c’est même ce qui fait la singularité de l’humain. Nous avons tous un rapport personnel à la culture, selon notre éducation, notre personnalité, nos expériences.


En ce qui me concerne, de par mon éducation, ma formation et mon parcours professionnel, j'ai été sensibilisée très tôt à la culture et à la question artistique.
 

 

En effet, j'ai commencé la pratique de la danse classique à l'âge de six ans pour une raison étonnante. suite à la recommandation d’un médecin.

 

Lorsque j’étais petite, mes parents, inquiets du fait que je ne parlais pas à cet âge, m'avaient emmenée voir le médecin généraliste pour lui exposer ce problème. Le docteur a conseillé à mes parents de me faire faire de la danse. Étonnant ! Curieux ! Puisque c'est une discipline qui se pratique en silence, sans dire un mot mais à l'écoute de la musique.

 

Mais la danse est à la fois un sport un art, et comme tous les arts, elle permet de grandir, se dépasser, s’épanouir.

Et c’est pour cela qu’il faut redonner à la culture une place centrale dans notre société. Car la culture peut nous apporter beaucoup, à chacun en tant qu’individu mais également à toute la société, dans l’intérêt commun. Et je vais vous démontrer cela dans 3 domaines qui sont l’éducation, l’économie et le vivre-ensemble. 


1/ La culture et l’éducation
 


Premièrement la culture et l’éducation. La culture est évidemment très liée à l’éducation, puisque dans la culture il y a l’idée de se cultiver, d’apprendre, de découvrir, de connaître. Il est donc normal et essentiel que l’éducation, notamment via l’école apporte à chacun un bagage culturel, un socle commun qui permet de comprendre notre société, notre histoire et notre civilisation.

C’est un des rôles premiers de l’Education Nationale, et nous devons aujourd’hui nous assurer que de la transmission de ce socle commun au maximum. Car il est essentiel pour pouvoir évoluer de connaître la culture de son pays, c’est-à-dire sa langue, ses figures marquantes, son histoire, ses mouvements artistiques.
 


Mais, au-delà de ce cadre un peu scolaire, la culture est également un moyen d’expression, d’enrichissement pour ceux qui souhaitent aussi s’épanouir en dehors des cadres traditionnels. La culture permet une certaine forme d’évasion, de liberté, nécessaire à l’accomplissement personnel.

Elle permet aussi de faire naître de véritables vocations, des artistes, des chanteurs, des danseurs, des écrivains, des poètes, autant de rôles indispensables pour la richesse d’une société. Et cela fait le lien avec mon second domaine qui est l’économie.
 

 

2/ La culture et l’économie 

 

En effet, on oppose souvent à tort culture et économie. On considère souvent que la culture est un domaine qui ne rapporte pas grand-chose sur le plan financier, et donc un domaine dans lequel on peut faire des économies. En temps de crise, on a d’ailleurs pu constater que de nombreux pays ont coupé dans leurs budgets alloués à la culture. Quelle erreur !

On sous-estime en réalité le poids de la culture dans notre société et notre économie. En effet, une étude récente d’un cabinet de conseil a évalué le nombre d’emplois dans la culture à 1,3 millions, soit le double de l’industrie automobile, pour donner un élément de comparaison.

Et c’est un secteur qui continue de croître, plus vite que le reste de notre économie. Il y a plusieurs raisons à cela :
 

  • Premièrement, car la culture n’est pas quelque chose que l’on peut facilement délocaliser à l’autre bout de la planète, sous-traiter, ou brader. La culture nécessite un ancrage dans le local, des qualités, des talents que l’on ne peut pas substituer, et c’est tant mieux. Cela permet à la France de rester un pays dans lequel la culture est puissante et respectée.

  • Deuxièmement, la culture produit ce que l’on appelle des « externalités positives », c’est-à-dire qu’elle a des impacts positifs, au-delà même des personnes qui en tirent directement profit. Prenons un exemple : lorsqu’un artiste français devient célèbre et expose ses tableaux. La richesse apportée n’est pas seulement celle du prix des tableaux vendus, cet artiste participe à l’attractivité du pays, au tourisme, aux investissements. 

C’est ainsi grâce à son histoire, ces artistes, sa culture, que la France est un des pays les plus visités au monde et qui fait tant rêver les étrangers. Les bénéfices de la culture sont donc immenses.

Il faut aussi noter que plus de la moitié des emplois dans le domaine de la culture sont occupés par des jeunes, c’est donc un formidable vecteur d’intégration dans la société, de créativité et d’avenir.

En effet, la culture, c’est aussi ce qui permet à nos petites entreprises d’être innovantes, créatives, futuristes. Car c’est souvent dans les cerveaux les plus imaginatifs et cultivés que naissent les idées qui vont révolutionner demain.
 

 

3/ La culture et le vivre-ensemble 

 

Enfin, le dernier point est le rôle de la culture dans le vivre ensemble. Et pour être plus juste il faut parler non pas de « la culture » mais « des cultures ». Car si nous vivons bien dans une société de culture française avec le fameux socle commun dont je vous parlais tout à l’heure, cette culture française est aussi diverse qu’il y a d’individus. En effet, chacun construit sa propre culture, parfois en mélangeant des patrimoines culturels multiples en fonction de son pays d’origine, de son éducation, de son milieu. 


La culture, c’est donc aussi accepter qu’il n’y a pas qu’une seule façon de voir les choses, c’est accepter la pluralité, accepter la diversité. La culture, c’est voir l’autre comme une chance de s’enrichir, d’apprendre quelque chose, et non comme une menace.

La culture, c’est donc un formidable vecteur de vivre-ensemble, car elle permet à chacun d’exprimer sa sensibilité, dans le respect, elle permet le mélange, favorise l’ouverture d’esprit, la tolérance. Et cela est essentiel aujourd’hui, alors que beaucoup ont tendance à se replier sur eux-mêmes. La culture sert aussi à combattre cela, à créer des ponts.

Enfin, la culture, c’est aussi un rempart face au terrorisme. En effet, ceux qui attaquent la civilisation occidentale, s’attaque à notre culture. Ils visent la musique, les salles de spectacles, les dessinateurs…tous les éléments qui constituent notre culture. Mais la culture est plus forte car elle survit à toutes ces attaques et contribue à garder le pays fier et soudé, rassemblé autour de valeurs communes qui sont l’égalité, la liberté et la fraternité.
 

 

Donc j’espère que je vous aurai convaincus, la culture est une chance, saisissons-là ensemble ! 

Crédits photos : Hervé THEBAULT